La Clinique du souffle, une histoire d'hommes et d'idées...

L'histoire de la clinique

L'histoire de la réhabilitation

 

C’est en 1990, que Jacques Desplan, médecin du sport, pneumologue, aura l’intime conviction que la prise en charge du malade respiratoire chronique devait être redéfinie selon de nouveaux critères, qui envisagent la maladie respiratoire non pas comme une fatalité contre laquelle on ne peut rienJacques Desplan, mais comme une pathologie sur laquelle on peut agir de façon efficace.

Les traitements traditionnels jusqu'en 1990 envisageaient cette maladie dans le cadre d' une prise en charge axée sur le repos du malade respiratoire chronique. Ce patient par définition essoufflé, particulièrement limité à l'effort , était traité comme un invalide, pour lequel l'espoir d'amélioration de sa dyspnée, se limitait à réduire ses efforts, et à réorganiser sa vie par une diminution de ses activités physique.

Christian Préfaut Dans d’autres lieux, une réflexion similaire était conduite par Christian Préfaut, homme de science, lui aussi pneumologue, Professeur de médecine, fondateur et directeur du laboratoire de physiologie respiratoire de Montpellier. Il est considéré aujourd'hui comme la référence européenne dans le domaine de l'exercice, et de la réhabilitation respiratoire.

Ses travaux durant les années 85 à 90 portaient sur la genèse et l'étiologie d’un des symptômes les plus caractéristiques du malade respiratoire chronique mais aussi le plus invalidant dans sa vie : « la dyspnée ».

Sur un plan clinique, La Dyspnée est le symptôme le plus évocateur de la maladie respiratoire chronique. Elle est définie comme une sensation inconfortable pour respirer. Plus physiologiquement, la cause de cette dyspnée serait liée à une dysharmonie entre les centres respiratoires et l'effecteur thoracopulmonaire, globalement l'appareil respiratoire.

La dyspnée ne doit pas être confondue avec l'essoufflement qui, lui ne génère pas d'inconfort respiratoire.

L'aggravation de la dyspnée au cours de l’évolution de la maladie, pose un double problème:

  • au médecin qui ne sait comment répondre aux attentes de ses patients.
  • au patient qui arrête toute activité physique, et qui, progressivement, s'installe dans un déconditionnement musculaire dont on sait aujourd'hui qu'il est en grande partie responsable de l'altération de sa qualité de vie.

Cette attitude accélèrera un phénomène qui fût décrit au cours des années 80 par Young comme le cercle vicieux du déconditionnement. . En effet la réduction du niveau d'activité physique accélère le phènomène de sédentarisation et donc la perte d'autonomie.

Cette observation sera par la suite formalisée par Christian Préfaut à travers le concept de maladie primaire et de maladie secondaire.

La maladie primaire est représentée par la maladie initiale, la maladie respiratoire. Cette maladie primaire induit un déconditionnement , véritable maladie secondaire qui va évoluer d' elle même et qui en aggravant la dyspnée aggrave les conséquences de la maladie primaire.

Ainsi, la boucle est bouclée, la suppression de l'activité physique chez un malade respiratoire chronique aggrave son état de dépendance et par voie de conséquence sa qualité de vie.

 

Le réentraînement à l'effort ou traiter le mal par le mal !!!!

Dans ces conditions, devait-on accepter cette logique, c'est à dire accepter que tout malade respiratoire chronique devienne un patient encore plus dyspnéique ?. Etait-ce un processus inexorable, dans lequel le symptôme devait être traité par une réduction de son périmètre de marche?

Les premiers travaux sur l'intérêt de l'exercice, menés dans le laboratoire de Christian Préfaut porteront sur des populations d’enfants asthmatiques dont l'expression la plus spectaculaire de la maladie est la crise d'asthme. En collaboration avec Alain Varray, aujourd'hui Professeur à l'Université des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives de Montpellier, les premiers travaux sur l'efficacité de l'entraînement dans le traitement de la dyspnée chez l'enfant asthmatique seront apportés.

Quelques années plus tard, l'équipe de Christian Préfaut s'étoffera et publiera les premiers travaux européens réalisés avec l'équipe de Jacques Desplan à la Clinique du Souffle, dans le cadre du réentraînement chez le BPCO (BronchoPneumopathe Chronique Obstructif). Ces travaux seront publiés au cours des années 1990 et donneront naissance à un concept totalement novateur dans l'approche de l'exercice : l'individualisation du réentraînement.

Les bases physiopathologiques du réentraînement chez le malade respiratoires chronique étaient jetées...

Aujourd'hui si cette approche est largement partagée par la communauté scientifique et médicale, et l'exercice utilisé comme une véritable thérapie, il n'en demeure pas moins que ce concept évoluera vers une approche plus large de la prise en charge du malade BPCO.

La prise en charge du malade ne pouvait pas se réduire à une approche mécanique et fonctionnelle de la maladie. Si le réentraînement à l'effort reste la "pierre angulaire" du traitement du malade respiratoire, le concept de réentraînement s'est élargie ces dernières années à un concept de réhabilitation. Cette réhabilitation a pour objectif de ne pas se limiter à prendre en compte seulement les dimensions physiques mais aussi les dimensions sociales et psychologiques du malade. La réhabilitation est donc devenue un champ multidisciplinaire qui appréhende le patient dans sa globalité. .